L’Histoire

Hypatie, ayant vécu à Alexandrie au tournant des IVe et Ve siècle de l’ère commune, fut une éminente philosophe, astronome et mathématicienne. Fille d’un grand mathématicien travaillant au sein du célèbre Museion d’Alexandrie, elle devint sa plus proche collaboratrice et le surpassa rapidement, aussi bien en philosophie que dans le domaine des mathématiques.

Même si on ne saurait en faire une « scholarque » de l’école néoplatonicienne d’Alexandrie, elle en perpétue l’esprit et dirigea très probablement une école de philosophie à titre privé. Conformément au syncrétisme bien connu de la philosophie néoplatonicienne, son école était ouverte aussi bien aux païens qu’aux chrétiens.

Pourtant, les autorités chrétiennes, en particulier suite à l’intronisation d’un nouveau patriarche en 412, initieront une campagne de diffamation à l’encontre de la philosophe, en la présentant comme une sorcière pratiquant la magie noire. Son violent assassinat en mars 415, par une foule excitée par des chrétiens fanatisés, et perpétré en pleine rue, marquera les esprits.

Probablement pour cette raison, il ne nous reste plus grand chose de l’œuvre d’Hypatie. Les spécialistes estiment que les versions de l’Almageste et des Tables manuelles astronomiques de Ptolémée dont nous avons hérité, nous viennent de la main d’Hypatie. Mais, l’intégralité de son œuvre philosophique semble aujourd’hui irrémédiablement perdue.

Encore une fois, l’œuvre d’une femme philosophe disparaît, effacée de l’histoire par des mains d’hommes enragés.

Le Projet HYPATIA LOGOI

D’autres œuvres de femmes philosophes ont été sauvées de la ruine du temps, mais sont tombées dans l’oubli au fond de bibliothèques, aux côtés d’œuvres d’autres auteurs peu connus ou peu étudiés. Ces textes constituent pourtant un très riche patrimoine qui ne demande qu’à être réédité.

Le marché du livre, aujourd’hui déterminé par une rotation intense des ventes, et une augmentation inédite de la mise au pilon des invendus, exclut inéluctablement ces textes du circuit marchand. Grâce à un système d’impression sur commande, Hypatia Logoï s’inscrit dans une perspective différente et peut aujourd’hui proposer ces ouvrages à des prix modérés. L’ambition est ici de rendre hommage à ces œuvres délaissées et de les faire revivre en les rendant à nouveau disponible aussi bien au grand public qu’à la recherche scientifique. Le but est de matérialiser ces textes, leur rendre un support physique, souvent plus agréable à lire qu’une version numérisée, dans un produit de facture soignée et avec un appareil critique (présentation de l’auteur et de son œuvre, annotations, index, etc.) conforme aux attentes du public. Une version numérique, avec un appareil critique équivalent, reste disponible pour ceux qui préfèrent ce format.

Illustration du XIXe siècle par Louis Figuier représentant l’assassinat d’Hypatie tirée de Vies des savants illustres, depuis l’antiquité jusqu’au dix-neuvième siècle (1866).